(...) "La danse est un outil utile pour l’analyse sémiotique du texte poétique. Poésie et danse au XXe siècle envisagent de la même façon l’espace en abolissant les lois de la perspective et en substituant un sens-direction à un sens-signification. Dans la mouvance de Un coup de dés jamais n’abolira le hasard (1897) de Stéphane Mallarmé, la page apparaît comme une scène pour les énoncés textuels mis en mouvement à la lecture, comme un espace dynamique façonné par les interactions entre les caractères et le blanc".

Il y avait fort à craindre que, parmi tant de sujets élevés et sérieux, auxquels comme on le sait l’auteur d’Hérodiade décida en un certain moment de son travail de se consacrer pleinement, Mallarmé ne réservât à la question de la ponctuation une place mineure, comme éloignée et presque imperceptible de ce fait dans le champ creusé de ces recherches obsédantes.

"Aller vers le haut n'est qu'un peu plus court ou un peu plus long qu'aller vers le bas." De cette phrase, qui tremble au bord du non-sens comme saisie de vertige, on ne résoudra pas l'énigme. Mais il est significatif que Roberto Juarroz la mette justement en relief, choisissant de l'inscrire en exergue sur la première page de la première anthologie importante de son oeuvre dans notre langue, parue dès 1980 chez Fayard, dans les belles traductions de Roger Munier, et rééditée en 1989 dans une version augmentée".

La fonction sociale de la poésie graphique remonte aux origines. Dès la préhistoire, il était naturel à l'homme de réaliser dessins, peintures et objets d'art. Il est naturel à chacun de pratiquer la création de formes et d'images. C'est un art qui répond à un instinct élémentaire. Comme la poésie sonore, la poésie graphique doit rendre la société plus humaine, ludique, éprise de beauté.

Stéphane Mallarmé |1842-1898 |

 

"Il conviendrait d’approcher la ponctuation mallarméenne, dans ses formes et actualisations diverses, comme une mimique ou encore une mimologie. Mais cette mimique n’est mimétique de rien ; elle ne donne à voir, par gestes, rythmes et contours, que le lieu qui l’encadre, sa scène même"...

Après la seconde guerre mondiale, la poésie trouve des formulations inédites grâce à  certains écrivains, dont les poètes Pierre Garnier (1928-) et sa femme Ilse (1927-). Ils fondent le Spatialisme dont l’objectif est de traiter la langue comme matière et l’espace comme agent structurel.

La poésie écrite s’adresse à l’œil et à l’oreille, et son analyse ne peut se limiter au rapport entre son et sens. L’article montre en quoi ces propriétés visuelles et sonores sont spécifiques et en quoi elles peuvent interférer, en prenant des exemples dans la mise en page (Reverdy), la rime (Baudelaire), la ponctuation (Rimbaud). Alors que les techniques d’enregistrement modifient les conditions d’archivage de la poésie contemporaine, il propose, en confrontant l’écoute et la lecture, des voies nouvelles d’investigation stylistique.

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