Les figures de style

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De façon plus précise, les figures de style ou rhétorique c’est l’ensemble des moyens d’expression propres à persuader, convaincre, transmettre une vision du monde. ou à émouvoir, impressionner, séduirer  Ainsi, un classement courant les répartit en : figures de l’analogie, de la substitution, de l’opposition, de l’ampliãcation, de l’atténuation et de la construction...

Les figures par analogie
(Elles permettent de créer des images) :

Comparaison  

Elle établit un lien de ressemblance entre deux éléments (le comparé et le comparant), à l’aide d’un outil de comparaison, tels que : 

  • comme,
  • ainsi que,
  • tel que,
  • de même que.  
  • semblable à,
  • pareil à,
  • ressembler à 
  • plus… que,
  • moins… que, 
  • on  dirait que…

La comparaison comporte trois éléments :

  • le comparé
  • le comparatif (l 'outil de comparaison)
  • le comparant (éventuellement inversés)

 

Ex : Gaston est aussi aimable qu'une porte de prison. Ses yeux verts ressemblaient à deux pures émeraudes.

La terre (comparé) est bleue comme (outil de comparaison) une  orange(comparant) (Eluard).   

« La musique (comparé) souvent me prend comme (outil de comparaison) une mer (comparant) »  (Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, LXIX) La Musique

Métaphore

C’est une comparaison sans outil de comparaison. Les termes y sont pris au sens figuré.

Ex : Quel ours !
         Il pleut des cordes.
Cette faucille d'or (= lune) dans le champ (= ciel) des étoiles. (V. Hugo).
                  

Métaphore filée

C’est une métaphore qui s’étend à plusieurs éléments. Pour parler de métaphore filée, il faut rester dans le même champ lexical ! 

"Série  de métaphores  reliées entre elles  - par    la    syntaxe  —elles   font   partie  [du même champ léxical] ou de la même phrase ou d’une même structure narrative ou descriptive—

- et par le sens : chacune exprime un aspect particulier d’un tout, chose ou concept, que représente la première métaphore de la série". (M. Riffaterre).

Ex :  de  l’homme  féroce :                          Cet homme est un tigre, ses crocs étaient prêtsà se planter partout, ses griffes rognaient lescarcasses…

« La bête souple du feu a bondi d’entre les bruyères comme sonnaient les coups de trois heures du matin. (…) Comme l’aube pointait, ils l’ont vue, plus robuste et plus joyeuse que jamais, qui tordait parmi les collines son large corps pareil à un torrent. C’était trop tard. »« La bête souple du feu a bondi d’entre les bruyères comme sonnaient les coups de trois heures du matin. (…) Comme l’aube pointait, ils l’ont vue, plus robuste et plus joyeuse que jamais, qui tordait parmi les collines son large corps pareil à un torrent. C’était trop tard. » (Jean Giono)

Personnification

Elle représente une chose ou une idée sous les traits d’une personne.

Ex : La forêt gémit sous le vent. Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux – Et je l'ai trouvée amère. (Rimbaud).

Allégorie

Elle représente de façon concrète et imagée les divers aspects d’une idée abstraite. Elle se repère souvent grâce à l’emploi de la majuscule. Processus de symbolisation, par personnification.

Ex : Hiver, vous n'êtes qu'un vilain ! Eté est plaisant et gentil... (Charles d'Orléans). Allégorie en image : La Liberté guidant le peuple. (tableau d'Eugène Delacroix)

N.B. : Quand une comparaison ou une métaphore est tellement utilisée qu’elle devient usée et banale, elle se transforme :N.B. : Quand une comparaison ou une métaphore est tellement utilisée qu’elle devient usée et banale, elle se transforme :
- en expression lexicalisée : Ex : fondre en larmes, prendre ses jambes à son cou; verser des torrents de larmes ; être doux comme un mouton, une bouche d'égout, les bras d'un fauteuil…
- en cliché : Ex : des cheveux d’or ; un coeur de pierre...

 

Les figures de substitution
(Elles remplacent un terme par un autre terme ou par toute une expression ) :

Métonymie

Elle remplace un mot par un autre mot selon un lien logique, par une relation analogique.

Ex : Je viens de lire un Zola. / Boire un verre. Il est premier violon à l’orchestre de Paris...
La table 12 s'impatiente.
C'est une décision de l'Elysée.

Synecdoque

Elle consiste à désigner la partie pour le tout (et le tout pour la partie), ainsi que la matière pour l’objet  et  le  particulier pour le général...
C'est un cas particulier de la métonymie.

Ex  :   Les    voiles    disparurent   à  l’horizon.  La France a gagné par 2 à 0 contre l'Italie.
Les deux escrimeurs croisèrent le fer. / Revêtir un vison

 Périphrase

Elle remplace un mot par une expression qui le définit. Un simple mot est remplacé par des éléments de phrase plus complexes, jouant sur l'implicite.

Ex : La Venise du Nord ( = Bruges)
Le roi des animaux.
La ville rose ( = Toulouse )
La langue de Shakespeare ( = anglais )

 

Les figures de l’insistance ou de l’atténuation :

Hyperbole

Elle consiste à exagérer. Elle donne du relief pourmettre en valeur une idée, un sentiment.

Ex : Je meurs de soif. Un vent à décorner les boeufs. C'est trop bon !

Accumulation

Énumération plus ou moins longue de termes.( excès, amplification )

Ex : Adieu, veau, vache, cochon, couvée. ( La Fontaine) Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons formaient une harmonie telle qu’il n’yen eut jamais en enfer. (Voltaire)

Gradation

Elle remplace un mot par une expression qui le définit. Un simple mot est remplacé par   des   éléments   de   phrase  plus complexes,  jouant  sur  l'implicite. C’est une  énumération  de  termes organisée de façon croissante ou décroissante.

Ex : Va, cours, vole et nous venge ! (Corneille)

Je me meurs, je suis mort, je suis enterré. (Molière)

C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ?…c’est une péninsule ! (Rostand)

Euphémisme

Elle consiste à atténuer l’expression d’une idée, d’un sentiment (pour ne pas déplaire ou choquer).

Ex : Il nous a quittés ( = mort ) / Les non voyants.Aller au petit coinMon épouse est un peu enveloppée. Je lui ai chatouillé les côtes.( = battre )

Litote

Elle consiste à dire moins pour faire entendre plus.

Ex : Va, je ne te hais point. (Corneille)Il n'est pas sot, cet enfant !On ne mourra pas de faim aujourd’hui.Je ne dis pas non ( = J'accepte volontiers)

Anaphore

Répétition de(s) même(s) terme(s) en début deplusieurs phrases, de plusieurs vers, de plusieurspropositions. On martèle ainsi une idée, on insiste,on souligne.

Ex : Coeur qui a tant rêvé,
Ô coeur charnel,
Ô coeur inachevé,
Coeur éternel ( Charles Péguy )

Parallélisme

Répétition de la même construction de phrase (autrement dit de la même structure syntaxique).

Ex : Innocents dans un bagne, anges dans un enfer (Hugo)

Femme nue,  femme noire, / Vêtue de ta couleur qui estvie, de ta forme qui est beauté. (Senghor)

Question

oratoire/
rhétorique

Affirmation déguisée sous la forme d’une question. ( question dont ont connait la réponse )

Ex : Ne suis-je pas adorable ? Comment mon client a-t-il pu tuer sa femme, alors qu’au moment du crime, il était à mille kilomètres ?

 

 Les figures d’opposition :

 Antithèse

Opposition très forte entre deux termes. 

Ex : Qui aime bien châtie bien.Ex : Qui aime bien châtie bien.
Ici c’était le paradis, ailleurs l’enfer. (Voltaire)
Je sentis tout mon corps et transir et brûler. (Racine)

Oxymore

Deux termes, unis grammaticalement, s’opposent par leur sens. L'union de  mots contraires frappe l'imagination.

Ex : Un silence assourdissant ( Camus )
Elle se hâte avec lenteur ( la tortue de La Fontaine )
La Bête humaine d’Emile Zola
Cette obscure clarté qui tombe des étoiles (Corneille)

Antiphrase

Elle exprime une idée par son contraire dans une intention ironique. On dit le contraire de ce qu'on pense.

Ex : Tu as eu un zéro en histoire ? Ah, bravo !
Je suis dans de beaux draps !

Chiasme

Deux   expressions    se    suivent,   mais  la   deuxième    adopte    l’ordre   inverse    (A – B / B’ – A’)

Ex : Il y a de l’Urgo dans l’air, il y a de l’air dans Urgo.
Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger.
Le coeur a ses raisons que la raison ignore.

Paradoxe

Il énonce une opinion contraire à l’idée commune,  afin   de   surprendre, de choquer,  d’inviter à la réflexion.

Ex : Les premiers seront les derniers. / In vino veritas.
De nombreux enfants au Q.I. très élevé sont en échec scolaire.

 

Les figures de rupture :

Anacoluthe

Rupture de construction syntaxique.

Ex : Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, la face de la terre en eût été changée. (Pascal)
Mais moi, la barre du bourreau s’était, au premier coup, brisée comme un verre. (A. Bertrand)

Ellipse

Absence d’un ou de plusieurs mots.

Ex :  L’Oréal, parce que je le vaux bien.
La Tunisie, mon papa et plouf !

Zeugma

Rapprochement   d’un   mot   concret  et d’un mot abstrait dans un même énoncé.

Ex : Il prit du ventre et de l’importance.
   

 Les figures qui jouent sur les sons :

 Assonance

Répétition  d’un  même  son  de  voyelle dans une même phrase ou dans un ensemble de vers.

Ex : Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone (Verlaine )

Allitération

Répétition du même son de consonne, écho vocalique de consonnes.

Ex : Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? (Racine)
Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien.

Paronomase

Rapprochement  de  deux  homonymes  (qui se prononcent pareil) ou de deux paronymes (qui se prononcent presque pareil)

Ex :Il n’y a que Maille qui m’aille !
Qui se ressemble s’assemble.
Mangeons bien, mangeons bio !

 https://www.ccdmd.qc.ca/fr/jeux_pedagogiques/?id=1062&action=animer

 


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